Après une prothèse du genou, l’IPP se mesure sur les séquelles réelles constatées après consolidation, et non sur la simple présence de l’implant. L’incapacité permanente partielle, c’est un taux exprimé en pourcentage qui traduit la réduction définitive de vos capacités une fois l’état de santé stabilisé. Un médecin le fixe lors d’une expertise médicale. Deux patients porteurs de la même prothèse peuvent donc obtenir des taux d’IPP différents pour leur genou, selon leur récupération, leurs douleurs et leur métier.
Qu’est-ce que le taux d’IPP après une prothèse totale de genou ?
Le taux d’IPP après une prothèse totale de genou évalue la gêne fonctionnelle durable qui persiste, une fois la rééducation stabilisée. On parle de consolidation : le moment où les lésions se fixent, sans amélioration notable attendue du traitement. Avant cette date, il s’agit d’incapacité temporaire, pas d’IPP.
Selon les cadres, vous croiserez d’autres termes. En droit commun, les médecins-experts parlent souvent d’atteinte à l’intégrité physique et psychique (AIPP) ou de déficit fonctionnel permanent (DFP). Ces notions renvoient toutes à la même idée : les séquelles persistantes de votre genou, appréciées sur le long terme.
Un point revient dans toutes les sources spécialisées : la prothèse ne donne pas droit à un taux fixe. Selon le barème du Concours médical et les barèmes indicatifs de la Sécurité sociale, le taux d’IPP pour une prothèse totale du genou se situe le plus souvent entre 10 % et 25 %. Une prothèse fonctionnelle, indolore et permettant une marche fluide génère dans la plupart des cas un taux compris entre 10 % et 15 %. Il peut monter jusqu’à 25 %, voire au-delà, si des douleurs chroniques ou une raideur importante subsistent.
Les critères que le médecin expert analyse sur votre genou
Pour fixer le taux, le médecin expert ou le médecin-conseil de l’Assurance Maladie mène un examen clinique précis, toujours en comparaison avec le genou sain. Il mesure l’amplitude articulaire : une flexion au-delà de 90 degrés et une extension complète à 0 degré signent un bon résultat. Il recherche aussi les mouvements anormaux, comme une laxité ligamentaire ou une instabilité.
La force musculaire compte tout autant. Le praticien évalue l’amyotrophie du quadriceps (la fonte du muscle de la cuisse) et l’intensité des douleurs qui persistent. À côté de ces mesures cliniques, le retentissement sur votre vie quotidienne et professionnelle pèse lourd dans la décision.
Concrètement, l’expert examine plusieurs points qui reviennent à chaque expertise :
- La mobilité du genou, en flexion comme en extension.
- La stabilité articulaire et l’éventuelle boiterie.
- Les douleurs persistantes et leur intensité.
- Le périmètre de marche et la pénibilité des stations debout prolongées.
- Les difficultés à monter des escaliers ou à s’accroupir.
Le critère qui fait souvent la différence, c’est le retentissement quotidien. Documentez précisément vos limitations avant l’expertise : gestes devenus impossibles, distance de marche réelle, aide nécessaire au quotidien. Cette préparation aide le médecin à mesurer votre gêne au plus juste.
Accident du travail et maladie professionnelle : quelle indemnisation ?
Quand la prothèse fait suite à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, le taux d’IPP décide de la forme de l’indemnisation versée par la CPAM. En pratique, la règle tient à un seuil : 10 %. En dessous, vous percevez une indemnité en capital, versée une seule fois. À partir de 10 %, le taux ouvre droit à une rente viagère, dont le montant dépend du taux retenu et du salaire annuel de référence.
Le tableau ci-dessous résume cette logique d’indemnisation.
| Taux d’IPP | Forme de l’indemnisation |
| Inférieur à 10 % | Indemnité en capital, versée en une fois |
| Égal ou supérieur à 10 % | Rente viagère, selon le salaire de référence |
Cette indemnisation vient d’évoluer. Une réforme de mai 2026, issue de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2025, sépare mieux deux choses : la réparation du préjudice strictement fonctionnel (douleurs, perte de mobilité) et celle du préjudice professionnel (impact sur la capacité de gain et l’employabilité). En droit commun, le mécanisme diffère : l’indemnisation prend la forme de dommages et intérêts couvrant les différents postes de préjudice.
Le taux notifié n’est pas gravé dans le marbre. En cas d’aggravation, par exemple un descellement de la prothèse ou une nouvelle intervention, vous pouvez demander une révision du taux d’IPP et une revalorisation de la rente. Une nouvelle évaluation médicale devra alors démontrer la modification de votre état.
Foire aux questions
Quel taux d’IPP puis-je espérer après ma prothèse totale de genou ?
Il n’existe pas de taux fixe. Le médecin expert le détermine au cas par cas, selon vos séquelles réelles après consolidation : mobilité, douleurs, stabilité, marche. En pratique, une prothèse bien tolérée et indolore tend vers 10 à 15 %, tandis qu’un genou raide ou douloureux fait grimper le taux. Le barème appliqué dépend aussi du cadre, accident du travail ou droit commun.
Qui décide du taux d’invalidité après l’opération de mon genou ?
Ce n’est pas votre chirurgien qui fixe ce taux, mais un médecin spécialisé et indépendant. En accident du travail ou en maladie professionnelle, c’est le médecin-conseil de la Sécurité sociale. En droit commun, un médecin expert mandaté par les assurances s’en charge.
Mon genou s’est aggravé, puis-je faire réviser ma rente ?
Oui. En cas d’aggravation des séquelles, comme un descellement ou une perte de fonction, vous pouvez demander une révision du taux d’IPP et une revalorisation de la rente. Une nouvelle expertise médicale devra objectiver cette dégradation de votre état de santé.









