Prothèse de genou qui claque : pourquoi et quand s’inquiéter ?

par | 28 juillet 2026

Cette actualité appartient aux catégories suivantes : Ménisques | Opération du genou | Prothèse de genou

Entendre sa prothèse de genou qui claque est une situation très fréquente et, dans l’immense majorité des cas, parfaitement normale. La Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique (SOFCOT) le rappelle : un bruit métallique ou un craquement après la pose d’une prothèse totale ne traduit pas un dysfonctionnement, tant qu’il reste indolore. Ce cliquètement inquiète pourtant beaucoup de patients, qui redoutent un implant cassé ou mal posé. La réalité mécanique est bien plus rassurante, à condition de savoir distinguer le bruit banal du bruit qui doit alerter.

 

Pourquoi ma prothèse de genou craque-t-elle ?

Le bruit vient tout simplement du contact entre les pièces artificielles de la prothèse. Une prothèse totale de genou associe des composants métalliques (des alliages de chrome-cobalt ou de titane, qui recouvrent le fémur et le tibia) et une pièce en plastique très résistant que l’on appelle le polyéthylène. Cet insert joue le rôle de surface de glissement, un peu comme le faisaient vos ménisques.

Lors de l’intervention, le chirurgien laisse volontairement un léger jeu articulaire. Ce petit « jeu » n’est pas un défaut, il garantit au contraire la souplesse et la mobilité du genou. Sans lui, l’articulation serait trop serrée, raide et douloureuse. Le bruit métallique naît donc du contact entre le composant fémoral et le polyéthylène quand vous marchez, montez un escalier ou pliez la jambe.

D’autres phénomènes bénins entrent en jeu, le plus souvent. Le glissement des tendons autour de l’implant, l’adaptation des tissus mous après la chirurgie, parfois la libération de petites bulles de gaz dans le liquide articulaire, comme dans un genou naturel qui craque. En clair, un genou artificiel est presque toujours plus « audible » qu’un genou d’origine, parce que le métal et le plastique ne se comportent pas comme du cartilage. Ces bruits ont d’ailleurs tendance à diminuer avec les mois, à mesure que la musculature se renforce.

 

Bruit de prothèse et complications : quand s’inquiéter ?

Un claquement isolé est banal. Ce qui doit vous alerter, c’est son association à d’autres symptômes. Le bruit devient alors un signal parmi d’autres, à replacer dans un examen d’ensemble. Voyons d’abord les signes qui imposent une consultation, puis les causes que votre chirurgien cherchera à écarter.

 

Les symptômes associés qui doivent alerter

Consultez votre chirurgien sans tarder si le claquement s’accompagne d’un ou plusieurs de ces signes. La combinaison d’une douleur et d’un craquement de la prothèse, en particulier, n’a rien de normal et mérite un avis rapide.

  • une douleur vive ou qui augmente au lieu de diminuer ;
  • un gonflement persistant de l’articulation ;
  • une rougeur, une chaleur locale ou une fièvre ;
  • une sensation d’instabilité, l’impression que le genou se dérobe ;
  • une perte de mobilité ou un blocage.

Sur le terrain, le signe qui revient le plus souvent est la douleur qui s’installe alors qu’elle devrait s’estomper. La fièvre associée à une cicatrice rouge ou qui suinte, elle, doit faire consulter en urgence. Dans ce cas de figure, ne prenez pas d’antibiotique de votre côté : cela risquerait de masquer une éventuelle infection et de fausser les prélèvements.

 

Les causes médicales d’un claquement douloureux

Quand le bruit devient douloureux, le chirurgien cherche une cause mécanique ou biologique précise. Trois pistes reviennent régulièrement. Le descellement d’abord, lorsque la prothèse perd son ancrage et bouge dans l’os. L’usure prématurée du polyéthylène ensuite, qui libère des débris inflammatoires. Une infection de l’implant enfin, plus rare mais qu’il faut toujours écarter en priorité.

Un ressaut rotulien peut aussi expliquer un claquement franc à l’extension : c’est le « patellar clunk », lié à un nodule de tissu cicatriciel qui vient buter dans la prothèse. Poser un diagnostic demande un examen clinique complet, complété par des radiographies et, si besoin, un scanner ou un bilan biologique. Ces examens servent précisément à trier le bruit bénin de la vraie complication.

 

Comment atténuer les claquements de sa prothèse ?

La rééducation musculaire reste votre meilleure alliée pour réduire un cliquètement gênant. Le vrai moteur stabilisateur du genou, c’est le quadriceps, ce gros muscle situé à l’avant de la cuisse. Un renforcement ciblé et régulier verrouille mieux l’articulation à la marche et limite les micro-mouvements des pièces prothétiques.

Concrètement, comptez entre trois et six mois de travail avec un kinésithérapeute pour retrouver un appareil extenseur assez puissant. C’est souvent à ce moment-là que les bruits s’atténuent nettement. Un léger claquement peut malgré tout persister de façon définitive, sans la moindre gravité pour la durée de vie de votre implant. Tant qu’il reste indolore, une simple surveillance suffit.

 

Foire aux questions

Ma prothèse de genou claque sans me faire mal, dois-je m’inquiéter ?

Non. Un claquement isolé et indolore est le plus souvent bénin, lié au contact normal entre le métal et le polyéthylène. Une surveillance simple suffit, mais parlez-en à votre chirurgien lors de votre prochaine consultation de suivi.

 

Mon genou craque et me fait mal quand je marche, que faire ?

Prenez rendez-vous avec votre chirurgien orthopédiste. L’apparition d’une douleur associée à un craquement n’est pas normale : un examen clinique et radiologique s’impose pour écarter un descellement, une usure ou une infection de la prothèse.

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