La sensation d’instabilité du genou, c’est l’impression que l’articulation ne tient plus, qu’elle lâche ou se dérobe au moment d’un appui ou d’un changement de direction. Le mouvement finit par se faire, mais le doute reste : le genou pourrait flancher. Ce ressenti apparaît souvent après un traumatisme sportif. Il peut aussi surgir dans la vie de tous les jours, à la marche ou dans les escaliers. Derrière ce symptôme se cachent des origines variées, ligamentaires, rotuliennes, méniscales ou simplement musculaires, et c’est pour ça qu’un examen s’impose.
Sensation d’instabilité ou dérobement : de quoi parle-t-on ?
Ces deux mots ne recouvrent pas la même chose, et la distinction guide le diagnostic. L’instabilité vraie décrit un genou qui manque de maintien, qui tourne ou se déboîte de façon imprévisible, surtout lors des mouvements de pivot. Le dérobement, lui, correspond à un genou qui fléchit brutalement vers l’avant à la marche : c’est le fameux genou qui flanche, souvent lié à un défaut de contraction réflexe du quadriceps.
En pratique, les patients emploient les mêmes formules devant le chirurgien : « genou qui lâche », « genou qui se dérobe », « genou faible ». Un point mérite d’être rappelé, car il oriente tout le reste. Les spécialistes distinguent la laxité, qui est un jeu articulaire anormal mesurable à l’examen clinique, de l’instabilité, qui reste un ressenti rapporté par le patient. Un genou peut se sentir instable sans laxité marquée. À l’inverse, une laxité importante peut ne gêner que modérément au quotidien.
Instabilité du genou : les causes principales
Les causes d’une instabilité du genou se rangent en quelques grandes familles : les lésions ligamentaires, l’instabilité rotulienne, les atteintes méniscales, et les déficits musculaires ou proprioceptifs. Chacune donne sa propre coloration au symptôme. Faire la part des choses reste le rôle du spécialiste.
Les causes ligamentaires : entorse et rupture du LCA
La rupture du ligament croisé antérieur (LCA) est la cause classique de l’instabilité du genou, en particulier chez le sportif. Ce ligament central limite l’avancée et la rotation interne du tibia sous le fémur. Quand il rompt, le genou perd son stabilisateur et devient vulnérable aux dérobements lors des pivots. Le traumatisme s’accompagne souvent d’un craquement, d’un gonflement rapide et de cette impression que le genou « part ».
Une entorse du genou avec torsion violente peut aussi distendre ou déchirer partiellement les ligaments, sans rupture complète, et laisser une sensation d’instabilité résiduelle. Le mécanisme est fréquent au football, au handball ou au ski, mais un simple faux mouvement au quotidien suffit parfois. En cas de déboîtement franc ou d’instabilité marquée après un accident, mieux vaut consulter le jour même ou dans les tout premiers jours. Le chirurgien recherche alors une laxité antérieure, souvent par le test de Lachman, en comparant les deux genoux. Une IRM, réalisée dans les semaines qui suivent, confirme la rupture et détecte d’éventuelles lésions méniscales associées.
L’instabilité rotulienne et le syndrome fémoro-patellaire
L’instabilité rotulienne survient lorsque la rotule sort de son sillon naturel, la trochlée fémorale, vers l’extérieur, parfois jusqu’à la luxation complète. Cette pathologie touche surtout les femmes, les adolescents et les personnes présentant une hyperlaxité ou une particularité anatomique. Le syndrome fémoro-patellaire, lui, associe des douleurs à l’avant du genou et cette impression qu’il cède.
Le tableau se reconnaît assez bien. La gêne apparaît volontiers à la descente des escaliers ou après une position assise prolongée, ce que l’on nomme le signe du cinéma. En clair, l’articulation devient douloureuse dès que la rotule appuie fort sur le fémur.
Le rôle des ménisques et de la faiblesse musculaire
Certaines lésions méniscales, comme les subluxations récurrentes du ménisque interne, entraînent des blocages répétés et une sensation d’instabilité articulaire. Le fragment se coince, et le genou se dérobe. À côté de ces atteintes structurelles, une amyotrophie du quadriceps ou un déficit de proprioception favorise directement le genou qui lâche. La proprioception, c’est la capacité du corps à percevoir la position et les mouvements de l’articulation. C’est souvent elle qu’un travail de rééducation cherche à restaurer, avec un renforcement progressif du quadriceps et des ischio-jambiers.
Genou qui flanche : quels signes doivent vous alerter ?
Une sensation de genou qui se dérobe mérite une consultation spécialisée dès qu’elle s’accompagne d’autres signaux. Un genou qui gonfle vite après un choc (épanchement ou hémarthrose), des blocages douloureux, une instabilité qui empêche l’appui : ces situations demandent une évaluation orthopédique sans attendre. Le symptôme se répète et gêne au quotidien ? C’est le moment d’en parler à un spécialiste.
Le piège serait de croire qu’un genou qui lâche relève toujours d’un simple manque de force. Dans les faits, il peut traduire une lésion à part entière, et attendre que les dérobements se multiplient expose à des dégâts internes secondaires. L’examen clinique, complété d’une IRM si besoin, pose le diagnostic. La prise en charge suit : kinésithérapie ciblée sur la proprioception et le renforcement dans la plupart des cas, chirurgie (ligamentoplastie du LCA, reconstruction du MPFL pour la rotule) quand l’instabilité reste invalidante chez un sujet actif.
Foire aux questions
Pourquoi mon genou lâche quand je descends les escaliers ?
Un genou qui cède à la descente signe souvent un syndrome fémoro-patellaire ou une instabilité rotulienne. Ce geste demande une forte contraction du quadriceps et augmente la pression de la rotule sur le fémur. Si la rotule est mal alignée ou le cartilage usé, la douleur s’installe et le genou se dérobe par réflexe.
Une entorse peut-elle laisser une instabilité durable ?
Oui. Une entorse grave laisse parfois une sensation d’instabilité persistante quand le ligament n’a pas cicatrisé correctement. Une consultation permet d’évaluer l’atteinte et d’adapter le traitement, pour éviter les récidives et les séquelles à long terme.









