Extrusion méniscale : définition et recommandations

par | 30 novembre 2023

Cette actualité appartient aux catégories suivantes : Ménisques

Le syndrome douloureux du compartiment interne du genou chez le patient âgé de plus de 50 ans, sans arthrose avérée, pose souvent un problème diagnostic, car cette gonalgie (douleur du genou) présente des causes multifactorielles. Parmi celles-ci, on retrouve l’extrusion méniscale interne ou latérale, une lésion des ménisques dont le diagnostic et la prise en charge thérapeutique nécessitent une vraie expertise de l’articulation du genou, dont dispose chaque meilleur chirurgien du genou.

 

Comprendre l’extrusion méniscale : c’est quoi les ménisques du genou ?

Il est difficile de comprendre la définition d’une extrusion méniscale si on ne visualise pas correctement ce que sont les ménisques du genou.

Il y en a deux par articulation, chacun formant un amortisseur fibro-cartilagineux en forme de croissant de lune, situé entre l’extrémité convexe du fémur (condyle latéral et condyle médial selon le côté), et le plateau tibial.

Par sa forme qui épouse les contours osseux, chaque ménisque latéral (externe) et médial (interne) participe donc à la stabilité du genou, d’autant qu’il est attaché sur son bord externe au ligament collatéral correspondant.

 

Extrusion méniscale : définition médicale et diagnostic IRM

On définit l’extrusion d’un ménisque comme un déplacement extérieur significatif (plus de 3 mm) par rapport au rebord du plateau tibial : on peut ainsi voir l’extrusion méniscale comme une forme de « luxation ».

L’extrusion médicale est dite primitive (10 % des cas environ), lorsque l’IRM ne constate aucune lésion apparente du cartilage de type chondrolyse (destruction tissulaire du cartilage). Toutefois, cette extrusion méniscale altère la fonction du ménisque du genou, favorisant un pincement articulaire avec destruction secondaire du cartilage.

L’extrusion méniscale est dite secondaire (90 % des cas), lorsque la destruction du cartilage fait qu’il perd alors sa congruence, amenant à son déplacement externe. Cette altération du cartilage méniscal favoriserait un relâchement du plan capsulo-ligamentaire, fixé initialement sur le ménisque.

Dès lors, la plupart des lésions méniscales peuvent aboutir à terme à une extrusion des ménisques (déchirure ou fissure du ménisque), qu’elles soient traumatiques, dégénératives ou post-chirurgicales : lésions méniscales radiées, lésions de la corne postérieure du ménisque médial ou méniscectomie supérieure à 50 % sont ainsi fréquemment incriminées.

 

Conduite à tenir face à une extrusion méniscale interne ou latérale

Sauf exception, toute extrusion méniscale doit être considérée comme une lésion méniscale dégénérative, potentiellement source d’arthrose.

Face à un syndrome méniscal interne non traumatique arthrogène, le consensus actuel, confirmé par les recommandations de la Haute Autorité de Santé, conseille un traitement médical symptomatique et de la kinésithérapie. Une attention particulière doit être portée sur les facteurs aggravants, comme le surpoids, ou les défauts posturaux : les jambes arquées en varus favorisent une extrusion méniscale interne, alors que des jambes en X en valgus aggravent toute extrusion méniscale latérale (externe). Un kiné du genou va donc prescrire des exercices de rééducation du genou, pour renforcer la musculature et améliorer les postures. L’immobilisation du genou par genouillère est rarement conseillée, car elle peut créer une fonte musculaire ou amyotrophie.

En cas d’échec au bout de 6 mois, avec persistance de douleurs, instabilité du genou ou blocage articulaire, un avis de chirurgien du genou s’avère indispensable pour déterminer la meilleure conduite à tenir, avec une chirurgie des ménisques ou pas.

 

Cas particulier : l’extrusion méniscale médiale par arrachement de la corne postérieure

Il s’agit d’une lésion à la frontière entre la lésion traumatique et la lésion dégénérative, où la corne postérieure du ménisque médial peut s’arracher faisant perdre ainsi l’arrimage du ménisque sur le plateau tibial. La conséquence est une extrusion rapide et prononcée du ménisque entraînant une hyperpression rapide du compartiment interne du genou avec un risque de décompensation arthrosique rapide.

Cette lésion s’accompagne très fréquemment d’une douleur aiguë et brutale nécessitant la prise d’AINS , voire d’une décharge antalgique de plusieurs jours. Les recommandations scientifiques actuelles favorisent la réparation chirurgicale rapide et cela même chez les personnes âgées de plus de 50 ans . Chaque meilleur chirurgien du genou devra analyser précisément les cas et décider d’une intervention ou non pour éviter une arthrose potentiellement fulgurante.

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