Une rupture des ligaments croisés n’est pas forcément synonyme de chirurgie. S’il ne faut pas compter sur une repousse du LCA, il est parfois envisageable de vivre avec un ligament croisé rompu : le Dr Anthony Wajsfisz, chirurgien orthopédique à Paris, détaille dans quelles conditions.
Vivre avec ligament croisé rompu : quelle douleur ?
Toute rupture des ligaments croisés s’accompagne d’un phénomène douloureux, incompatible a priori avec une vie normale : il faut toutefois distinguer la phase aiguë de la phase chronique.
La phase aiguë s’étale dans les heures et les jours suivant une rupture des ligaments croisés. Elle se traduit par un phénomène inflammatoire douloureux, avec gonflement du genou, rougeur, parfois même ecchymoses ou hématomes.
La gonalgie est prise en charge par un traitement anti-douleur et des soins locaux (repos, immobilisation par genouillère, application de froid…).
Il faut éviter toute opération des ligaments croisés durant cette phase inflammatoire.
La phase chronique s’installe avec la disparition du phénomène aigü, le plus souvent sans douleur au genou. La gonalgie laisse place à une instabilité articulaire, si bien que vivre avec une rupture des ligaments croisés s’avère en théorie possible. La marche doit se faire toutefois avec précaution, et la pratique de nombreux sports en charge reste impossible au risque de réveiller la gonalgie.
Les crises douloureuses sont alors traitées au cas par cas.
Peut-on marcher avec les ligaments croisés rompus : gêne fonctionnelle
Les ligaments croisés jouent un rôle majeur dans la stabilité du genou, si bien que toute rupture va générer un genou instable : c’est particulièrement vrai sur une rupture du LCA.
En l’absence d’instabilité majeure, vivre avec une rupture des ligaments croisés dépend donc de l’importance de la gêne fonctionnelle, directement corrélée au mode de vie :
- La rupture des ligaments croisés ne pose pas de problèmes pour la plupart des gestes de la vie quotidienne, ni sur un travail sédentaire : les métiers physiques sont en revanche proscrits ;
- La pratique de certains sports doux est possible, comme la marche rapide, le vélo ou la nage ; les sports de charge ou de torsion, comme la gymnastique, le ski, le tennis ou les sports collectifs sont évidemment interdits si le patient n’envisage pas de chirurgie ligamentaire.
Même si la rupture des ligaments croisés permet une vie sédentaire, le patient doit être conscient qu’il prend deux risques :
- L’instabilité du genou peut favoriser les déséquilibres, augmentant le risque de chutes ou de traumas sur d’autres articulations, l’exemple type étant le danger d’entorse de la cheville ou de rupture tendineuse.
- Un genou instable accroît les contraintes mécaniques sur le cartilage articulaire, augmentant le risque à terme d’arthrose du genou ou gonarthrose. Cette dernière va se manifester par des douleurs et une perte d’amplitude articulaire. En cas d’échec du traitement médical, la seule solution est alors la pose de prothèse du genou, intervention plus lourde et plus longue qu’une simple ligamentoplastie.
S’il est donc possible pour un patient de vivre avec une rupture des ligaments croisés, il reste toutefois indispensable de recueillir l’avis d’un chirurgien orthopédique à Paris pour décider ou pas d’une ligamentoplastie : refuser une opération des ligaments croisés peut aboutir quelques années plus tard à réaliser une opération du genou bien plus lourde.
